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Le Covid-19 pourrait avoir le mérite de replacer au cœur de l’entreprise d’autres fondamentaux

Dans ce contexte de crise sanitaire, les mots de Coronavirus et Covid-19 envahissent tous les supports de mass-média et s’installent dans nos esprits. Il est opportun d’en profiter pour prendre du recul et d’essayer de nous projeter sur un après malgré le manque de visibilité.

Alors que nous attendons tous une reprise physique de nos activités et un retour à la normal, n’est-ce pas le meilleur moment pour réfléchir et se poser les bonnes questions ? Est-ce que notre business model est le bon ? Est-il le reflet de ce qui compte vraiment au sein de notre entreprise ? Est-ce que ce modèle est sain et porté sur l’avenir ou fragile et tourné vers le passé ? Est-il responsable, solide, fiable et durable ?

C’est maintenant que se joue la capacité à organiser la reprise, ancrée sur l’économie durable, évaluable et simulable. Bernard Charlès DG de Dassault

Dans cette conjoncture inédite où l’économie est au ralenti, nombreuses sont les entreprises forcées de mettre au chômage partiel une part importante de leurs collaborateurs pour ne garder que l’essentiel, l’indispensable, ce qui sert le plus grand nombre, autrement dit, ce qui sert l’intérêt général plutôt que l’intérêt personnel.

Cette épreuve bien que douloureuse, met en lumière ce qui a réellement de la valeur. Alors, ne devrions-nous pas profiter de cette occasion pour identifier plus distinctement les véritables leviers qui président à l’activité de notre entreprise ? Ne devrions-nous pas, au-delà des impératifs de rentabilité financière, nous identifier et définir une raison d’être ? Ne devrions-nous pas mettre en évidence cet ADN clairement affirmé qui pourrait faire évoluer notre entreprise pour en faire une entreprise à mission ?

Peut-être est-ce là un accélérateur vers ce qui est proposé dans le cadre de la Loi PACTE et plus précisément dans l’article 1835 du code civil.

La conscientisation de la manière dont nos produits et services sont rendus disponibles depuis leur création jusqu’à leur production et leur distribution va devenir un critère de différenciation. Bernard Charlès – DG de Dassault Systèmes

Nous ne pouvons pas continuer à dépendre à 80% ou 85% de principes actifs pour les médicaments qui sont produits en Chine, ce serait irresponsable et déraisonnable. Bruno Lemaire, ministre de l’économie

Les circonstances trahissent la vacuité d’un modèle économique exclusivement basé sur la rentabilité et le profit financiers. L’intérêt de la performance extra-financière n’a jamais été aussi grand.

Un confinement strict et total a été le choix des souverains, des pays et des nations les plus développés, les plus démocratiques et les plus libérales malgré ce que cette décision engendre comme manque à gagner, comme risque et comme besoin de réorganisation. Une décision d’une telle ampleur, qui entraine autant de pertes financières mais sauve autant de vies, est la preuve que le seul critère économique ou financier n’est ni, systématiquement, le plus pertinent, ni forcément, la solution la plus pérenne.

Cette situation devrait inciter grand nombre d’entreprises à réfléchir à l’instauration d’un modèle plus équitable, plus responsable, plus durable et certainement moins orienté sur les impératifs économiques. Il tiendrait davantage compte des impacts sociaux, sociétaux et environnementaux comme moyens d’arbitrages.

Tout ce que nous traversons aujourd’hui corrobore le fait que le client est plus averti, plus concerné, plus impliqué et plus solidaire. En effet, les derniers sondages réalisés, témoignent par exemple du fait que les français seraient prêts à accepter une hausse des prix en contrepartie d’une relocalisation de la production des produits essentiels et d’une favorisation du label « made in France ». Cette démarche permettrait à court terme de compresser le temps de mise à disposition en agissant sur le cycle de production (durée et qualité) et à moyen et long terme, d’agir sur plusieurs autres agrégats tels que le taux de chômage, l’empreinte Carbonne, etc.

Les épreuves forgent et les attentes évoluent. Les consommateurs ont besoin de savoir, qu’on leur explique, qu’ils comprennent pour avoir confiance, pour faire confiance. C’est pourquoi la simple conformité des entreprises ne suffit plus. La confiance requiert beaucoup plus. Elle impose une transparence, des convictions, un positionnement qui doivent se traduire par des actions et une éthique dans les affaires.

L’image de marque et la réputation ont un rôle inestimable dans l’entretien de cette relation de confiance.

Cette prise de conscience montre une évolution des mentalités vers cette « raison d’être », dont parle la loi Pacte et qui exprime ce qui est indispensable à l’entreprise pour remplir son objet, le motif, la raison pour laquelle la société est constituée. Cette « raison d’être » doit être un guide pour l’entreprise dans la détermination de sa stratégie et des actions qui en découlent en intégrant les enjeux et impacts sociaux, sociétaux et environnementaux liés à l’activité exercée.

Pour ce faire, il est nécessaire de revoir et d’adapter sa stratégie au prisme du développement durable. Le modèle d’affaire se verra donc évoluer et permettra de mettre en avant les éléments de différenciation vis-à-vis de la concurrence. La prise en compte des impacts ESG dans la gestion d’actifs est peut-être la résolution la plus importante puisqu’elle conditionne le respect et l’application de la stratégie tout au long de la chaine de valeur de l’entreprise.

Pour permettre à ce dispositif de fonctionner dans le temps, il est primordial d’intéresser l’ensemble des parties prenantes à la performance extra-financière de l’entreprise à commencer par ses clients internes (collaborateurs). Il s’agirait d’intégrer ce collaborateur au nouveau modèle et de le faire participer à cette transformation sociétale en alignant ses objectifs, son organisation et ses performances avec la raison d’être identifiée et les moyens définis.

Notre proposition de création de valeur passe par le renforcement des efforts et moyens mis en place permettant de répondre d’une part aux attentes des différentes parties prenantes de plus en plus averties, d’autre part de se mettre en conformité avec les attentes du législateur sur les réglementations en vigueur (notamment DPEF et Loi PACTE).

Au regard des nombreux croisements entre la DPEF et le sens de la Loi PACTE, nous vous proposons ci-dessous un comparatif mettant en exergue la pertinence pour les entreprises qui le souhaitent de combiner les réflexions sur la loi PACTE avec les éléments déjà̀ mis en œuvre dans le cadre de la DPEF.